Logo APHPL’équipe de l’Institut de cardiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, conduite par les Prs Jean-Philippe Collet et Pascal Leprince, a effectué avec succès le 19 septembre 2017 la première implantation d’une valve mitrale par voie percutanée.

Cette première à l’AP-HP a eu lieu dans le cadre d’une étude européenne menée par le groupe ACTION-Coeur, dirigé par le Pr Gilles Montalescot, en collaboration avec la start-up française HIGHLIFE.
Elle représente une alternative à la chirurgie pour les patients fragiles, souffrant d’une insuffisance mitrale sévère.
La valve mitrale, qui sépare l’oreillette gauche du ventricule gauche, est composée de deux feuillets arrimés comme des voiles au ventricule, s’ouvrant et se fermant à chaque battement. Un défaut d’alignement des deux feuillets entraîne, à chaque contraction cardiaque, un reflux de sang du ventricule vers l’oreillette : c’est ce qu’on appelle une « insuffisance mitrale ». Non traitée, cette maladie, sévère et fréquente, conduit à une insuffisance cardiaque.
Le traitement chirurgical consiste soit à réparer la valve fuyante (plastie chirurgicale) soit à la remplacer par une prothèse biologique ou mécanique. Toutefois, de nombreux patients, dont l’état est jugé trop fragile, ne peuvent en bénéficier.
Dans le cadre d’une étude européenne menée par le groupe ACTION-Cœur, l’équipe de l’Institut de cardiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, dirigée par les Prs Collet et Leprince, a réalisé le 19 septembre 2017, la première implantation à l’AP-HP par voie percutanée d’une valve mitrale, développée par la start-up française HIGHLIFE.
Le patient, âgé de 69 ans, souffrait d’une fuite mitrale sévère secondaire à un infarctus du myocarde, à l’origine d’épisodes d’œdème pulmonaires récidivants. Sa fragilité et son maintien en soins intensifs ont conduit l’équipe médico-chirurgicale à privilégier une alternative thérapeutique moins agressive qu’une chirurgie classique.

L’intervention, qui a eu lieu dans la salle hybride de l’Institut de cardiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, a consisté à placer l’implant, développé par la société française HIGHLIFE, grâce à une simple ponction d’une artère fémorale au moyen d’un cathéter placé dans le ventricule gauche. La prothèse, formée d’une cage métallique entourée de tissus dans laquelle des feuillets ont été cousus, a ensuite été déployée à l’intérieur de cet implant.

Les contrôles scanner et échocardiographique à un et six mois montrent un fonctionnement parfait de la prothèse valvulaire et l’absence de fuite résiduelle. Le patient, sorti dès le 8ème jour, a pu regagner son domicile après 15 jours de réadaptation cardiaque. Il a retrouvé une vie normale et monte trois étages sans essoufflement. « L’amélioration fonctionnelle du patient a été spectaculaire et cela montre une très belle coopération médico-chirurgicale », ont conclu les Prs Collet et Leprince.